Entre classe et blanchité 3/5

  Je crois que cela m'a poursuivi longtemps, même si cela a changé de forme. Lorsque ma trajectoire personnelle a emprunté un militantisme antiraciste, et j'ai identifié plus clairement le racisme, j'ai rejoué cette mauvaise foi, en ayant toujours des difficultés à être identifié comme "Blanc". Combien sommes-nous à gauche à ne pouvoir, ou n'avoir pas pu, spontanément entendre la dénomination "les Blancs" quand nous sommes tout a fait capables de dire "les Noirs", les "Arabes"? Pour moi c'est une forme de refus de notre Blanchité et de regarder notre position sociale de Blanc. La dernière chose que je voudrais souligner ici était cette mise dans le même paquet qu'avec des Blancs ou plutôt à l'époque des "français racistes".

Il me semble que je ne pouvais entendre cela ayant l'impression qu'on me disait que j'étais intentionnellement raciste, alors qu'idéologiquement j'y étais opposé. J'ai mis beaucoup de temps à pouvoir entendre qu'en fait cela soulignait, et je le sentais c'est aussi pour cela que je ne voulais pas l'entendre, que j'étais Blanc, c'est à dire appartenant, que je le veuille ou non, à un groupe social dominant. Et que même lorsque nous sommes, dans nos idées, opposé à l'idéologie raciste, nous sommes systèmiquement en position d'avantage sur les non-Blancs, et qu’être Blanc c'est aussi bénéficier de certaines retombées de l'hégémonie Blanche en France et au niveau mondial. C'est reconnaître mon avantage Blanc ou mon "privilège" de "race" qui m'était insupportable.

En ce sens, j'ai aussi mieux compris le refus, qui est en fait un acte de vigilance, de non Blanches face à certaine forme de « fraternité » et de « solidarité » Blanche. D'une part parce que ces solidarité et fraternité tombent fréquemment dans les travers d'un paternalisme/maternalisme Blanch-e qui maintiennent des rapports de domination et de pouvoir. D'autres part, parce que rares sont les expériences de solidarité réelle qui ne tombe pas dans des solidarités de façade qui s'envolent à la moindre complication. Enfin, la solidarité et la fraternité antiraciste qui ne remettent pas en cause le racisme comme système pourvoyant des avantages divers aux Blanc-hes (qu'ils/elles soient idéologiquement raciste ou pas), ne sont en fait ni de la solidarité, ni de la fraternité, et finalement pas de l'anti-racisme non plus.

Inconscience et conscience du racisme de notre Blanchité

Je crois que c'est notamment dans le cadre de mes relations amicales vécues sous le mode de "squat de rue" dans mon quartier que j'ai pu aussi me rendre compte d'une position de classe et d'une position de Blanc qui allait de pair avec des inégalités et avantages concrets en ma faveur. Les différences de vécus dans les déplacements à travers le quartier ou la ville, dans les transports en commun, étaient déjà révélateurs. Les contrôles policiers, en civil ou en uniforme, n'étaient clairement déjà pas les mêmes en fonction des "origines" des uns et des autres. Ni non plus lorsque nous nous promenions avec ou sans non-Blancs. Le traitement et les risques de contrôles étaient déjà perçus comme différents. D'autres moments ordinaires de nos vies de "jeunes" étaient déjà porteurs de ces rapports sociaux. Les récits des soirées où "nous" étions invités et où d'autres "devaient" s'incruster, d'autres soirées où nous allions chez des jeunes plus aisés que la plupart d'entre nous et où se jouaient des regards et évitements, mais aussi des "embrouilles" entre les petits Bourges Blancs et ceux regardés comme des "lascars" (je ne sais plus si c'est comme ça qu'on disait à l'époque). Sans parler des vacances, de l'accès aux loisirs ou non, les types de loisirs pratiqués, les fringues, manière de parler, de se mouvoir, les musiques écoutées, les gens fréquenté-es, les chances de sortir avec des filles, les récits de vacances passées au "bled" pour les un-es, pour d'autres passées dans des lointains pays "exotiques", pendant que moi j'allais avec mes parents dans un centre de vacances des PTT en France parmi les fonctionnaires tous Blancs, et que d'autres, qui comme 50% des familles de France, chaque été ne partaient pas en vacances du tout.

Pour moi, d'hier jusqu'à aujourd'hui, si il y a une part de méconnaissance de ce qu'est le racisme (en tant que rapport social), qui joue dans cette difficulté à comprendre, à admettre notre position de Blanc et ce qu'est réellement la Blanchité, il y a aussi une forme de mauvaise foi qui se joue. Nous avons aussi conscience (certainement inégalement selon les gens) de cette position de Blanc et des avantages qui lui sont liés. Mais nous ne voulons pas le voir.Il me semble qu'aujourd'hui encore cette mauvaise foi sait montrer le bout de nez lorsque la mise en évidence de ma Blanchité me met en difficulté ou que mon racisme, inconscient ou conscient, me déborde (dans les pensées, les mots, les paroles, les actes, qu'on a vite fait d'appeler habituellement "maladresses", "dérapages", "ce n'est pas ce que je voulais dire", etc.).

Je dis cela parce qu’on parle souvent "d'inconscient colonial", "d'inconscient raciste". Je suis sûr que le racisme est pour une part inconscient quoiqu'il agisse de manière quotidienne dans l'organisation de la société et à travers nos participations au fonctionnement de celle-ci. Il me semble aussi que pour la plupart des Blanc-hes, nous savons des choses, nous en voyons, même partiellement, mais régulièrement depuis tout petit. Nous avons aussi appris à ne pas regarder, ou à oublier ce qu'on a vu, entendu ou compris de ce qu'il se passe en matière de racisme des avantages de la position Blanche (de français, de couches moyennes ou supérieures) : accès aux produits manufacturés à moindre coût en provenance des pays du Sud, accès au privilège de voyager, privilèges de ne pas être sur-contrôlées aux frontières, etc.. De manière plus générale, il me semble que l'on sait ou nous pouvons savoir et comprendre les mécanismes de productions des inégalités de classe et des inégalités racistes, mais il n'y a pas de lien mécanique entre d'un côté un refus de ces inégalités (dans les idées) et la compréhension même relative des processus, et de l'autre une volonté d'agir réellement, même à petite échelle, pour y remédier. Pendant la seconde guerre mondiale on pouvait encore justifier, pour une partie, la non-entrée en résistance en évoquant le fameux "on ne savait pas". Aujourd'hui, pour la plupart des Blanch-es de couches moyennes et supérieures, nous savons et pourtant nous n'entrons pas en résistance1.

Un exemple très révélateur pour moi et la question du logement actuellement. L'accès au logement est de plus en plus difficile et cher. Nombre de Blanch-es de couches moyennes (modestes ou non) et de classes supérieures ne peuvent plus facilement accéder aux "territoires" qui leur étaient "destinées" quelques années auparavant. "Nos" milieux se tournent de plus en plus vers les quartiers populaires. Non seulement pour bénéficier de (co)locations ou d'achat à moindre coup, par ce qu'il y a un côté "sympa" et "cool" de vivre en quartier populaire qui aurait gardé une certaine « authenticité », chaleur humaine, en plus c'est aussi un moyen de camoufler sa propre position de classe privilégiée et de bénéficier d'une "plus value" symbolique et identitaire de vivre avec le "peuple".

J'habite moi-même dans un quartier populaire par choix, intérêt et nécessite. Nous savons que nous participons ainsi au processus de hausse des loyers et d'embourgeoisement de ces quartiers populaires, mais aussi d'expulsion programmée des classes populaires de leur propre quartier.

Et aussi de la difficulté croissante pour les non-Blanch-es d'accéder à un logement du fait de la hausse de la concurrence pour l'accès au logement, ce qui entraîne directement une augmentation des discriminations racistes au logement. Beaucoup le savent (plus ou moins selon les personnes), mais encore plus souhaitent ne pas le voir et ne veulent pas le savoir. Avec des militant-es ou des non-militantes, discuter de cela entraîne régulièrement des crispations et des dénis quant à notre évidente participation individuelle et collective à ces processus. Pour celles et ceux qui s'en soucient et souhaitent "faire quelque chose" contre ces processus "urbains" (qui sont aussi des processus lié au capitalisme et à la lutte des classes et au racisme), ils/elles sont volontaires, mais bien moins si on aborde la question de notre propre implication directe ou indirecte dans ces dominations de classe et de "race".

École, entre "classe" et Blanchité

          Un autre exemple important pour moi où se joue et se visibilise, en tout cas pour moi ça a été le cas, les rapports sociaux de classe et de "race”, même si ce ne sont pas les mots que j'ai mis dessus à l'époque est l'école. A part quelques bonnes notes de temps à autres, je n'ai jamais eu de bons résultats à l'école, sans que ce soit catastrophique non plus. J'ai souvent été "repris de justesse" du fait de stratégie de travail de dernière minute pour éviter "le pire" mais aussi du fait d'un a priori favorable des profs que je pourrais faire mieux. Cet a priori favorable était déjà un privilège de position de classe et de Blanc. J'ai esquivé une orientation proposée par le conseil de classe de m'envoyer en CAP ou BEP. Pour moi comme pour d'autres, cette "proposition" signifiait un échec, me faisait tomber dans le camp des perdants, de ceux qui allaient avoir un avenir "en bas". Elle me signifiait aussi une distance de mes cercles d'ami-es, qui à part quelques-unes, n'ont pas fait l'objet de ce genre de proposition ou de menace d'orientation. Elle a d'ailleurs du à l'époque, mais je ne m'en rappelle pas, jouer avec ce sentiment malsain de vouloir me distinguer de ceux dont on me rapprochait par cette proposition vécue comme "infamante".

     Je me dis aujourd'hui que si j'avais été enfant d'une famille ouvrière d'origine "maghrébine" ou noire, la "proposition" serait sûrement devenue une orientation ferme et effective, alors que pour moi elle n'avait été que "suggestion", "hypothèse" évoquée en conseil de classe. Plus tard j'ai relu cet épisode en comprenant que les chances de ne pas "retomber" dans un destin de classe populaire n'étaient pas acquises pour moi. Aujourd'hui, je me dis en plus de cela que ma "Blanchité" avait incliné et compensé "mon risque de classe". C'est peut être ma Blanchité qui m'a donné un passeport pour poursuivre mon chemin en filière générale. La Blanchité ouvre des droits quand la non Blanchité en ferme et constitue un facteur de renforcement du risque de classe. Je peux le formuler comme ça aujourd'hui. Quand j'avais la gueule dans les faits je n'identifiais pas vraiment ce qui se passait.

     Je n'affirmerai pas qu'à l'époque la plupart des acteurs (élèves, parents, adultes de l'éducation nationale) ne sentions pas que les destins scolaires étaient déterminés par des facteurs liés aux classes sociales et des facteurs liés aux "origines" ou à la "couleur". Sans avoir besoin de faire des grandes enquêtes ou d'avoir des études en sciences sociales, je crois que tout le monde sent plus ou moins qu'il y a une grande hypocrisie et tromperie sur le système scolaire et l'égalité des "chances à l'école" indépendamment de la classe sociale et de "race". Et cela devient d'autant plus clair quand au fur et à mesure des parcours scolaires les "camarades de classes" issus des classes populaires, et des "minorités visibles", disparaissent petit à petit des filières générales ou n'accèdent tout simplement pas au niveau scolaire supérieur.

     Il me semble que dès le collège les discussions existaient sur le caractère injuste des décisions des conseils de classe qui faisaient que certaines personnes "passaient" et que d'autres pas alors qu'elles avaient des résultats similaires. Ce qui est sûr c'est que plus j'ai pu monter dans l'échelle scolaire au plus l'homogénéité sociale et "raciale" s'est accrue ; et au plus celle-ci était in-questionnée permettant ainsi de confirmer tout le monde dans sa place, qu'il/elle a "mérité" sa place, et qu'il/elle occupera tel ou tel poste, aura tel salaire, et travaillera dans tel secteur, parce qu'il/elle aura mérité. Pendant ce temps, nous savons que les un-es ou les autres des classes populaires et une bonne part des non-Blanch-es seront relégués dans des places professionnelles dominées (quand ils/elles auront du boulot) parce que éjectées au fur et à mesure du système et par le système scolaire Blanc et "bourgeois".

     Je ne suis pas convaincu que les Blanch-es de couches moyennes et supérieures qui "réussissent" à l'école n'ont pas conscience de cette profonde injustice dont nous avons bénéficié (de notre place au soleil dépend aussi le fait que les places à l'ombre soient occupées par d'autres, et que ces autres sont presque systématiquement de classes populaires Non-Blanch-es ou Blanch-es). Ce qui est plus sûr, c'est que lorsque nous rencontrons à nouveau des ancien-nes "camarades" et que chacun-e se demandent ce qu'il/elle fait maintenant, et que les réponses correspondent aux inégalités de classes et aux inégalités racistes (mais aussi sexistes), la plupart des dominant-es doivent se dire (comme pour nous confirmer de la justesse de notre place) qu'ils/elles ont bien fait de travailler, et que les "autres" ne l'ont pas fait assez "sinon ils/elles seraient mieux lotis. On sait et on ne sait pas, on sent l'injustice mais on pense vite à autre chose.

Exemples de contribution à l'oppression de classe et l'oppression raciste

          Quand j'étais plus jeune la question de la consommation de cannabis a été une épineuse révélation des paradoxes des relations d'amitié ou de connaissance et de nos contributions aux oppressions sociales de classe et de "race". Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais en tout cas, cette contradiction est apparue assez rapidement : les jeunesses des couches moyennes et supérieurs Blanches de la ville et environ se fournissaient sur le dos des jeunesses des classes populaires, le plus souvent issues de l'immigration.

     Quelques uns d'entre nous étaient issus des classes populaires, dont une partie vivait en milieu "petit bourgeois" et d'autres vivaient encore en quartier populaire. Si quelques "petits Bourges" ou "couches moyennes" traficotaient le "chichon et l'herbe", la majorité des "petits vendeurs" de notre réseau étaient plutôt les "Arabes des quartiers" comme on disait à l'époque2 . Il y avait aussi plusieurs dealers de couches moyennes et de classes supérieures qui d'ailleurs vendaient aussi des drogues plus dures (ecstasy, trip, etc.) en plus du cannabis, ce que ne faisait pas la plupart des dealers de quartier populaire que je connaissais.

     Cette dimension est d'abord ressortie par exemple les quelques fois où nous réagissions sur l'hypocrisie de la société adulte à vouloir réprimer des "dealers" et les consommateurs de "shit" quand, pour beaucoup, leurs propres enfants étaient consommateur-es, parfois "dealer" également et donc co-responsable du "trafic". De là à ce que nous nous mouillons pour dénoncer ça, en nous visibilisant… Parce que pour le coup, les fois où certains dealers se sont fait prendre nous avions bien vus que les risques et les peines n'étaient absolument pas les mêmes pour les "gars des quartiers" et les "fils de Bourges". Les premiers ont pris cher, y compris de la prison pour quelques grammes de shit, tandis que les Bourges s'en sortaient avec des avertissements et des discours moralisateurs. A ma connaissance aucun des dealers de "bonne famille" n'a jamais fait de prison dans ma ville.

     D'ailleurs lorsque les enquêtes de police avaient identifiés les consommateurs dans notre quartier, nous avons clairement évités des ennuis avec la police, et donc potentiellement de tomber, parce qu'un des parents d'un pote avait des connaissances en mairie et au commissariat. Combien de fils/filles de politiques, de médecins, d'avocat, de chef d'entreprise, de prof, de travailleur-es sociaux, etc., ont fait des conneries et non strictement rien eu, alors que pour les même conneries les "gars de quartier non Blancs" ont pris "cher" ? Pour avoir fait un certain nombre de conneries et en m'étant fait prendre à plusieurs reprises par la police, je sais que si ma "peau" et la situation de mes parents, où mon quartier d'habitation, avait été "autre", je ne serais pas passé entre les mailles du filet sécuritaire, policier et judiciaire. Mon passeport de classe et de "race" m'a peut être évité aussi bien des emmerdes. Quand on sait à quel point une seule condamnation, même pour des broutilles, peut modifier une trajectoire de vie, ça n'est donc pas une petite chose que ce passeport social qui a été avantageux pour moi quand il a été défavorable pour d'autres.

     C'est aussi en cela que la justice, la police, et la sécurité ne sont pas des politiques contre certains délits ou comportements en tant que tel, mais bien aussi des politiques de contrôle et de maintien des rapports de pouvoir et d'inégalité entre des groupes sociaux de classe et de "race".

          La seconde fois, où cette dimension d'inégalité de place sociale, mais aussi de contribution à l'oppression, est ressortie c'est quand à plusieurs reprises un des copains, français d'origine marocaine, a voulu arrêter de dealer (risque d'arrestation et prise de conscience d'un risque de sceller un destin social). Une partie des potes a respecté cela sans discuter comprenant les enjeux, c'était mon cas. D'autres avaient auparavant déjà eux-mêmes arrêté d'acheter à ce pote (pour des raisons affectives, pas politiques puisqu'ils continuaient à acheter mais à d'autres dealers). En revanche, une partie des "potes" ou connaissances a continué à le solliciter régulièrement et en cela à faire pression et à créer les conditions de la rechute. Il y a eu des engueulades à ce propos.

     Il était clair que l'intérêt personnel (mais aussi de classe, et de "races"), et les avantages passaient largement avant les considérations d'amitié les plus basiques, et bien avant les considérations éthiques, morales ou politiques. Continuer de "toucher" son herbe sans trop galérer et en évitant les plans parfois glauques et risqués, lointains, plus galères et chronophages, ou simplement "mal servis". Les quelques fois où le sujet de notre contribution dans le destin social de notre pote a été abordée le moins que l'on puisse dire c'est que le sujet ne faisait pas l'unanimité.

Qui chez les "bonnes âmes" "bobos", "baba cool", "anarcho-punk", etc, ayant quelque réflexion politique, qui consomment du cannabis serait prêt à reconnaître sa participation active à l'enfermement de certains destins de vie de leur connaissances voire d'ami-es ? Ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui si je regarde cette ex-bande de pote, la hiérarchie de classe et de "race" à bien poursuivi son chemin, chacun-e à sa place, chacun-e dans classe, chacun-e dans sa place sociale de "Blanch-es" ou "d'Arabe".

     Si le racisme et le capitalisme en tant que système et structure sociales sont d'abord des logiques globales "au-dessus" des actes individuels, cet état de fait m'avait montré que même dans des comportements ordinaires se jouaient nos participations aux destins des autres. (Encore une fois à l'époque je ne le voyais pas si clairement).

La suite

  1. Je n'entre pas sur un autre débat qui serait celui de l'engagement, des conditions et des freins au "militantisme". Mais si je considère que c'est un privilège de dominant et un choix de ne pas "s'engager", et en cela nous contribuons à un système ne serais-ce qu'en le laissant se faire, je pense aussi qu'il y a un certain nombre de déterminant socio-économique et "subjectif" à l'engagement qui font que c’est aussi une position sociale qui permet cet engagement, ou alors à l'inverse qui ne permet pas la posture de "retrait", de distance, et qui rend obligatoire la lutte. C'est parfois parce qu'on n’a pas le choix qu'on lutte, c'est d'autres fois parce qu'on peut lutter qu'on passe à l'action pour soi-même ou pour d'autres. []
  2. Sans entrer dans la complexité d'un sujet délicat, la question de la drogue et du trafic doit aussi être comprise comme des modes de compensation des inégalités économiques, mais aussi des discriminations racistes. []

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